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Nous avons plus de données que jamais, et nous décidons encore à l’instinct

Ajouter un tableau de bord change rarement une décision. Ce qui la change, c’est de savoir sur quel chiffre elle repose vraiment, et de repérer le moment où un jugement devient discrètement une intuition.

Pourquoi plus de données ne règlent-elles pas le débat ?

Parce qu’une décision manque rarement de chiffres ; elle manque d’une entente sur les chiffres qui comptent. Donnez plus de preuves à une salle divisée et elle trouvera plus de sujets de désaccord — chaque camp arrivant avec le graphique qui appuie la position qu’il défendait déjà.

Le jugement humain est aussi plus bruité qu’il n’y paraît de l’intérieur. La même personne, devant le même dossier un autre jour, arrive à une autre conclusion. Ce n’est pas un défaut de caractère et cela ne se règle pas avec un rapport de plus. Cela se règle en décidant d’avance ce qui vous ferait changer d’avis.

C’est l’éléphant que nous appelons Biais — des angles morts cognitifs, et l’instinct déguisé en données.

Qu’est-ce qui cloche quand une équipe tente de décider avec des données ?

  • Les critères sont fixés après avoir vu les données, et c’est ainsi qu’un tableau de bord devient une justification.
  • Personne n’a écrit quel résultat aurait changé la décision, alors rien ne peut en être tiré par la suite.
  • La personne la plus haut placée parle en premier, et le jugement indépendant de la salle disparaît avec elle.
  • L’indicateur que tout le monde surveille est celui qui est facile à mesurer, pas celui sur lequel la décision repose.

Comment prendre une décision qui tient la route ?

Nommer la décision, pas le rapport

Qui la prend, pour quand, sur quelles preuves, et ce qui lui ferait choisir autrement. La plupart des demandes de tableau de bord ne peuvent pas encore y répondre.

Fixer les critères d’abord

Des seuils convenus avant de voir les données, pour que l’analyse mette la position à l’épreuve au lieu de la décorer.

Ancrer l’habitude

Vos équipes sont accompagnées sur de vraies décisions plutôt que sur des études de cas, pour que la discipline survive à notre départ.

Ça vous parle ?

Commencez par une évaluation — personnes, processus et technologie, examinés ensemble.